Objectif : Attirer l’attention, au plan national, sur la déportation forcée des membres de la Première Nation des Dénés Sayisi

Après avoir attendu pendant dix ans des excuses du gouvernement canadien, les membres de la Première Nation Déné Sayisi ont décidé que, si Ottawa ne venait pas à eux, ils iraient à Ottawa. Plus de 60 ans se sont écoulés depuis que 200 membres des Dénés Sayisi ont été forcés d’abandonner leur territoire traditionnel autour du lac Little Duck, dans le Nord du Manitoba, pour se relocaliser sur les rives de la baie d’Hudson, près de Churchill.

Quand les Dénés Sayisi ont pu se réinstaller dans l’intérieur des terres en 1973, près du tiers de la population avait succombé aux maladies, aux toxicomanies, au racisme et aux intempéries. Même si la Première Nation a reçu des excuses de la province du Manitoba en 2010, le gouvernement fédéral n’avait toujours pas fait d’offre similaire.

« Nous demandons simplement qu’on nous reconnaisse la même justice réparatrice et le même respect accordés à d’autres communautés qui ont subi des torts dans le passé et continuent d’en souffrir aujourd’hui » écrivait Jim Thorassie, le chef des Dénés Sayisi dans une lettre au ministre Duncan. Toutes les autres communautés autochtones ou inuites identifiées par la Commission royale sur les peuples autochtones comme ayant subi une déportation imposée par le gouvernement ont reçu des compensations.

En collaboration avec l’équipe des conseillers juridiques des Dénés Sayisi, notre équipe a créé une approche à facettes multiples pour cibler le gouvernement directement et indirectement. Nous avons organisé plusieurs événements pour attirer l’attention des médias et du public et pour faire monter la pression sur le gouvernement canadien afin qu’il présente des excuses. Parmi ces événements, nous avons tenu une conférence de presse et une session d’information très courue à l’intention des parlementaires, dans l’édifice du Centre, de même qu’une vigile publique et la lecture des noms des membres décédés de la communauté, dans l’escalier devant la Tour de la Paix. Notre équipe a produit un diaporama émouvant, à partir d’images de la déportation, de même qu’un feuillet d’information bilingue de deux pages. Nous avons aussi organisé des rencontres individuelles avec les parlementaires.

- Communiqué de presse des Dénés Sayisi, 8 mars 2011

 

Résultats : La Première Nation a pu établir une nouvelle relation avec son représentant au Parlement. Le député du NPD Niki Ashton s’est engagé à continuer à travailler avec le groupe pour maintenir la pression sur le gouvernement.
La question a fait l’objet de reportages dans plusieurs médias, dont un récit dans le Manitoba Free Press, tandis que le gouvernement a été forcé de fournir des réponses lors de la période des questions.